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Pourquoi dire à quelqu’un qu’il devrait arrêter de fumer n’est pas forcément efficace ?

Imaginons la situation, vous êtes avec un ami ou un proche et soudain il sort une cigarette. Vous, soucieux de sa santé, lui dites alors

« Tu sais, tu devrais arrêter.
– Je veux bien mais je le fais par habitude, c’est plus fort que moi »

Non, ce n’est pas une excuse bateau ou un manque de volonté.

Pour le comprendre, quittons la cigarette temporairement et allons en voiture.
Vous roulez tranquillement et se profile une intersection sur votre droite. Vous vérifiez qu’il n’y a personne, c’est normal.
Plus tard vous apprenez que cette route est maintenant en sens unique et que personne ne pourra arriver par la droite et pourtant il y a des chances que vous continuiez de vérifier exactement pour la même raison alors même que rationnellement cela n’a plus de sens : par habitude.

Le fait de vérifier a eu du sens à un moment donné et l’habitude a été « ancrée » de manière forte, d’autant plus que la même habitude de vérifier à droite est encore utile dans d’autres situations. Il faut un certain temps avant de faire la « mise à jour » et l’hypnose peut aider à ça. D’une part pour contribuer à identifier les situations où l’on peut sagement quitter cette habitude et d’autre part en apprenant à quitter le mode automatique et donc retrouver du contrôle.

Autre réponse possible :

– Non, pour quoi faire ?
– Ben, c’est mauvais pour la santé.
– Il faut bien mourir de quelque chose !

Si l’on file la métaphore précédente la discussion pourrait être la suivante :

« Tu sais, tu devrais arrêter d’utiliser ta voiture.
– Non, pour quoi faire ?
– Ben ça pollue et à terme c’est mauvais pour ta santé.
– Elle pollue quasiment pas comparé aux usines ! »

Ici, ce n’est pas de la mauvaise foi, la personne est incapable d’envisager les aspects négatifs de son comportement. On parle du stade de pré-contemplation. En général, ce ne sont pas ces personnes qui viennent faire une séance ou alors pour « qu’on leur fiche la paix ». Dans ce cas il y a très peu de chance que la personne arrête effectivement, pire elle se ferme une porte pour le moment où elle voudrait arrêter de fumer en se disant « j’ai essayé une fois, ça ne marche pas ». L’objet de la séance, si séance il y a, sera en général de faire émerger à la conscience ces aspects négatif sans la forcer.

Autre réponse possible :

– Oui je sais mais j’en ai besoin pour me détendre.

Dans notre métaphore :

– Oui je sais mais j’en ai besoin pour me déplacer.

La personne a conscience qu’il y a des effets négatifs mais elle veut encore des effets positifs. On parlera du stade de contemplation. Il y a une ambiguïté, la personne reconnaît qu’il y a des avantages à arrêter mais veut encore des avantages que procure le fait de fumer, elle veut les deux en même temps, ce qui n’est pas possible. Il faudra lever cette ambiguïté. Là également l’hypnose peut aider en aidant par exemple la personne à vivre pleinement ses valeurs (ce qui la « fait vivre », par exemple : la santé, la famille, la liberté, …) et à choisir entre les deux.

Autre réponse possible :

– Oui mais je ne sais pas comment.

La personne a conscience des effets négatifs et a résolu l’ambiguïté. On dit qu’elle entre dans le stade de planification. Elle est en recherche d’information, de solution et d’aide. La personne planifie son changement futur voire commence déjà à réduire.

L’étape suivante sera justement la mise en pratique de la planification et donc le changement. C’est le moment où l’on pense en général à l’hypnose même si comme nous l’avons vu elle peut servir bien avant et continue à servir après aussi bien dans le stade du maintien que dans l’éventuel stade de la rechute.

Pour le stade du maintien, le praticien aura en général fourni des outils en auto-hypnose et la personne pourra également avoir recours à une séance pour soutenir les efforts qui ont été faits.

Concernant le stade de la rechute, c’est une étape qui est prévue au sens où il est connu qu’une rechute peut survenir et il s’agit souvent de la prévenir. Parfois la personne repassera par chacune des étapes précédentes, parfois elle pourra revenir directement au stade de maintien et cela pourra être l’occasion d’identifier un aspect qui n’avait pas été envisagé.

Il faut garder à l’esprit que ces étapes sont assez fluides, parfois la démarcation n’est pas évidente et ce n’est pas un chemin à sens unique, il pourra y avoir de nombreux allers-retours au fur et à mesure de cette progression.

Bien évidemment cette conversation était fictive et n’avait que pour but d’illustrer ce que l’on appelle la motivation au changement, qui contrairement à ce que son nom indique, ne relève pas de la seule motivation. Cette conversation est à adapter en fonction de la situation de chacun. D’ailleurs, où en êtes-vous ?